«L’Etat n’a pas fait les travaux indispensables, la situation de La Défense est critique», Les Echos, 3 août 2016

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INTERVIEW - Le président du Conseil départemental des Hauts-de-Seine, fortement pressenti pour prendre la tête du futur établissement public de la Défense qui sera créé au 1er janvier 2017, dévoile aux "Echos" ses priorités.

L'Etat vous repasse-t-il « la patate chaude » alors que la Défense est dans une situation financière critique ?

Cela ne me dérange pas. Au contraire. Les Hauts-de-Seine veulent bien payer à la condition de pouvoir décider. Les collectivités locales ne peuvent pas se permettre de voir le quartier de la Défense se dégrader.

Quelles seront vos priorités ?

Le quartier de la Défense n'est pas au niveau. L'Etat n'a pas fait les travaux qui étaient indispensables, la situation est critique. Quatorze tunnels ne sont toujours pas aux normes. Et la dalle repose sur des sous-bassement très fragiles, qui ne peuvent accueillir plus de 50.000 personnes. Il faut aussi en finir avec la friche industrielle sous l'esplanade et exploiter ces milliers de mètres carrés. Le boulevard circulaire est aussi dans un état épouvantable.

Sur quel modèle économique comptez-vous développer le site ?

Il faut absolument renforcer son attractivité. Les investisseurs ne mettront d'argent notamment dans la rénovation des tours que si le site est au niveau sur le marché national et international. Et puis il est encore possible de réaliser quelques tours, comme le montre celle de Saint-Gobain. On peut développer les recettes. Defacto a doublé les redevances des parkings ainsi que celles des restaurants. Et par exemple, le Fonds national d'art contemporain, installé sous l'esplanade, ne paye pas de loyers. Est-ce normal ?

Comment les élus pourront-ils assurer le financement sur le long terme ?

Nous financerons ces travaux en empruntant, ce que n'a jamais voulu faire l'Etat. Il faut cesser de gérer la Défense en ayant l'obsession de l'équilibre financier immédiat et créer une dynamique. Il faut faire des investissements quitte à assumer des déficits provisoires. Bien sûr sans augmenter les impôts locaux.

Le projet majeur des Groues, situé dans le périmètre de Nanterre, pourrait-il être remis en cause ?

L'option la moins profitable serait que les Groues retombent dans le giron de la Société d'économie mixte de Nanterre. La loi doit encore régler ce problème. Soit Nanterre souhaite que l'aménagement soit assuré par le nouvel établissement dont il sera administrateur et ce par voie contractuel. Soit la loi fixe les Groues dans le périmètre légal de l'opération d'intérêt national, ce qui n'est pas la meilleure solution.

(Interview réalisé par Marion Kindermans @MaKindermans)


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