"Alain Juppé, l'homme de la situation", Zénith, 14 novembre 2016

Ce que je crois.

Le débat électoral arrive en France à un moment mondialement opportun : après le Brexit britannique, après l’élection de Donald Trump, la France va-t-elle à son tour céder au populisme ?

Je soutiens Alain Juppé parce qu’il est l’homme de la situation : c’est-à-dire un homme d’autorité, un homme qui a la vision de l’avenir, un homme qui rassemble.

Il est celui qui refuse le populisme, alors que cette dégénérescence de la démocratie se répand comme une maladie.

Nous n’attendons ni un syndic de copropriété, ni un prophète inspiré qui va chercher son inspiration dans les prétendues forces telluriques d’une mythologie fumeuse.

Nous voulons un homme d’Etat modeste et courageux.

Les populistes ne veulent pas savoir que la démocratie est suivant le mot de Churchill « le pire des régimes à l’exception de tous les autres ». Ils refusent la démocratie représentative mais nous conduisent aveuglément à la démocratie populaire.

Les populistes sont ceux qui ont pour méthode d’agiter le peuple avant de s’en servir. Ils utilisent l’émotion, la passion, la frustration, la peur, la rancœur. Ils rejettent l’étude, l’effort, la rationalité, la connaissance, la cohérence, l’expérience …

Nous attendons un homme dont l’autorité naturelle est assise sur la connaissance fine de la complexité de nos sociétés, qui comprend la mutation du monde sous le coup des nouvelles technologies et de la facilité des déplacements. Un homme qui veut davantage agir que commémorer.

Un homme qui ne s’obsède pas à s’admirer dans le miroir multiforme des médias et qui sait que « le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit ».

Un homme qui est proche de notre peuple et vit comme tout le monde. Il a appris qu’on gouverne toujours de trop loin et que la proximité de la décision est le meilleur antidote du populisme.

Les collectivités locales et leurs élus sont mieux appréciés de la population que l’Etat central, dont l’appareil anonyme n’est pas un absolu omniscient. Le maire de Bordeaux le sait et le vit.

Nous sommes nombreux à ne pas vouloir de cette résurgence d’un nationalisme identitaire qui exacerbe les tensions tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Un nationalisme qui nie le besoin d’une Europe sans laquelle nous n’avons pas d’avenir, même si elle a besoin de se ressourcer, alors que l’occasion lui en est donnée par le Brexit.

Je crois à la liberté et cela vaut contre la peur. Celui qui est prêt à sacrifier sa liberté pour sa sécurité n’est digne ni de l’un ni de l’autre.

Je crois à la dignité des personnes, ce qui suppose de ne pas caricaturer ce qu’ils disent, ni ce qu’ils sont, ce qui conduit à les écouter attentivement mais permet ensuite de les rassembler.

Ne pas caricaturer c’est ne pas travestir ce que dit l’autre. Cela vaut aussi quand il appartient à la même famille politique. A cet égard je veux témoigner, malgré les calomnies, qu’Alain Juppé est opposé à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne. Il a donné des preuves de cela et elles m’ont convaincu. Alors la bassesse populiste ça suffit.

Rassembler c’est la condition pour agir en démocratie. Ceux qui confondent cette attitude avec la mollesse, pratique davantage l’agitation que l’action.

En politique comme dans la vie je crois à la ténacité dans l’engagement, au courage dans l’adversité, à la lucidité quand tous se laissent entraîner par le conformisme du moment.

Vous avez compris pourquoi je soutiens Alain Juppé.

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