"Ce département n'est le fief de personnes", interview au Parisien, 17 mars 2011

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En novembre vous accusiez l’Elysée d’avoir orchestré votre échec à la présidence de l’UMP 92. Aujourd’hui, êtes vous le président en sursis du Conseil Général des Hauts de Seine?
Je vis la situation avec calme et sérénité. Ma préoccupation, ce sont d’abord les élections cantonales.

Il y a un mois pourtant Jean Sarkozy publiait un contre programme au vôtre?
Je l’ai plutôt pris comme une validation de ma politique. Ses propositions reprenaient pour la plupart des actions que nous menons déjà.

Ce serait donc un revirement de sa part?
Non, en séance il m’a toujours soutenu. Ainsi au dernier débat d’orientations budgétaires, il a fait l’éloge de ma gestion. Vous savez, même si dans la presse quelques uns s’adonnent à de petites manoeuvres subalternes, la majorité départementale m’a toujours été loyale dans les votes publics. C’est cela qui compte.

Quelle atmosphère politique sentez-vous dans ces élections cantonales?
Je sens chacun inquiet du message politique que va adresser l’électorat tant au plan national que local. Il faudra tenir compte de ce message. La raison et la décence, c’est d‘écouter les électeurs avant de faire étalage de ses ambitions ou de ses aigreurs.

Vous visez Isabelle Balkany, voire Jean Sarkozy?
Je pense que nous devrions tous avoir le souci de l’unité de la majorité. Les cantonales ouvrent un cycle : dans six mois ce sera les sénatoriales, et dans les Hauts de Seine il y a pléthore de candidats à droite. Puis nous aurons une élection présidentielle difficile. Nous ne la gagnerons pas si nous ne sommes pas unis. La majorité doit comprendre que son image sera affectée par l’attitude de ses élus durant cette période. Et ce sera particulièrement vrai dans les Hauts de Seine.

Car c’est le fief du Président ? 
Les Hauts de Seine ne sont le fief de personne. Nous sommes en démocratie. Le fief fait référence à la féodalité. Et ce département est beaucoup plus divers qu’on ne le dit. Mais il est vrai, à tort ou à raison, que tout ce qui se passera dans les Hauts de Seine sera imputé au Président de la République...

Avez vous revu Nicolas Sarkozy ?
Nous nous sommes expliqués. Il m’a dit qu’il ne se mêlerait pas de la présidence du Conseil Général. Mais il est vrai qu’il avait dit la même chose de la présidence de la fédération UMP. On verra bien. Je n’ai pas d'états d’âme. Je suis l’ami de Nicolas depuis plus de 30 ans. J’ai toujours été loyal et le resterai. Mais je suis un homme libre, pas un courtisan. C’est peut être ce que me reprochent les Balkany.

Vous défendrez donc bec et ongles votre fauteuil de Président?
J’ai engagé une profonde rénovation des Hauts de Seine qui sont un département magnifique. Longtemps, on n’a vu en lui que le département du fric et de l’égoïsme. Or, nous n’avons de leçons à recevoir de personne. Notre département a toujours mis son dynamisme économique au service d’une politique sociale exemplaire. Que ce soit pour l’enseignement, les places en crèche, ou encore le logement social, nous sommes bien plus efficaces que nos voisins de la Seine Saint Denis ou de Paris ! C’est pour cela que je souhaite poursuivre le travail engagé.

(Propos recueillis par Martine Chevalet)

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