Collèges : pourquoi la réforme territoriale n'est pas une bonne nouvelle

 

Au total*, le conseil général des Hauts-de-Seine dépense pour chaque collégien 2 569 euros. C’est plus qu’ailleurs et l’on peut en voir le résultat dès cette rentrée avec, par exemple, la généralisation du programme d’Environnement numérique des collèges (ENC Hauts-de-Seine). Mais la spécificité des Hauts-de-Seine est d’avoir développé un politique éducative départementale avec un grand nombre de programmes proposés pour favoriser la réussite des collégiens ; certains ont d’ailleurs été repris au niveau national. Des dispositifs ont été ainsi construits au fil des ans de façon pragmatique, permettant une prise en charge plus individualisée des élèves en fonction de leur profil et du contexte du collège.

Cette politique est aujourd’hui menacée puisque la réforme territoriale prévoit de transférer aux Régions la gestion des collèges. Or les chiffres parlent d’eux-mêmes. L’investissement de notre Département pour les actions éducatives est très largement supérieur à celui des autres Départements franciliens : 126 euros par collégien contre des moyennes allant de 3 à 41 euros en Ile-de-France. Comment imaginer que cette sorte de recentralisation à l’échelle régionale que l’on nous prépare, avec toute la lourdeur administrative que cela implique, aboutira à autre chose qu’à un nivellement par le bas ? Comment maintenir le « sur-mesure pédagogique » en s’éloignant toujours plus des collégiens qui doivent en être les bénéficiaires ?

Les questions institutionnelles, je le reconnais, passionnent peu les citoyens. Elles ont pourtant des conséquences directes dans la vie quotidienne des habitants.

Dans ce cas précis, c’est l’un des domaines où le conseil général des Hauts-de-Seine a été le plus innovant qui serait remis en cause.

Patrick DEVEDJIAN

Député et président du conseil général des Hauts-de-Seine

 

La Lettre bleue du conseil général, Editorial, n°61, septembre 2014

 

* Fonctionnement et investissement

 

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