Comment faire de Paris une place financière forte ?

Brexit ou pas, la compétition avec Londres est ouverte… Tel était le thème de la conférence « Place financière de Paris : Welcome to Europe ! », organisée mercredi 8 juin à La Défense.

Lire l'article sur le site du Conseil départemental des Hauts-de-Seine 

Le 23 juin, les Britanniques diront s’ils souhaitent ou non sortir de l’Union Européenne. Quelle que soit l’issue du référendum, Paris, et plus largement la région Île-de-France, doivent saisir cette opportunité pour concurrencer La City.

D’où la tenue de la conférence qui rassemblait notamment la présidente de la Région Ile-de-France, Valérie Pécresse, le maire adjoint de Paris, Jean-Louis Missika, les présidents de Paris Europlace, de Paris Île-de-France Capitale Économique, de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris Île-de-France et Patrick Devedjian, président du Conseil départemental des Hauts-de-Seine et de Defacto, l’établissement public chargé de la gestion et de l’animation du quartier d’affaires.

« Personne ici n’est favorable au Brexit », a rappelé Patrick Devedjian avant de dénoncer malgré tout un « paradoxe ». « Les financiers sont à Londres mais les clients sont sur le continent. Et l’euro n’est pas la monnaie des Britanniques mais est, pour la moitié du moins, gérée par eux. »

Les atouts parisiens

Un point de vue partagé par de nombreux intervenants qui souhaitent que la capitale financière européenne soit en Europe continentale et plus exactement à Paris.

« La région Île-de-France a tous les atouts pour attirer les capitaux étrangers car elle offre aujourd’hui les meilleures conditions de stabilité et de rentabilité », a déclaré Valérie Pécresse. « Paris Île-de-France est bien armée pour convaincre les investisseurs internationaux grâce à la puissance et à la diversité de son économie régionale, la première d’Europe avec 640 milliards d’euros de PIB », a défendu Christian Nibourel, le président de Paris-Île-de-France Capitale Économique.

Dans cette compétition avec Londres, la France et sa région capitale ont aussi d’autres atouts : un coût de l’immobilier moindre que ce soit pour les particuliers ou les entreprises, un enseignement supérieur de qualité notamment pour la formation des ingénieurs, une meilleure protection sociale…

En revanche, les intervenants sont également tombés d’accord sur les points à améliorer :

  • accélérer le développement des infrastructures d’accueil et de transport notamment le Charles de Gaulle Express (projet de liaison ferroviaire entre l’aéroport et la Gare de l’Est) et le Grand Paris Express,
  • attirer les talents et leurs familles en développant l’enseignement des langues étrangères et les filières internationales,
  • mettre en place une réglementation et une fiscalité plus compétitives, développer les incubateurs et les Fintech (entreprises qui utilisent les nouvelles technologies pour lancer des services bancaires et financiers innovants),
  • optimiser les dispositifs de soutien à l’innovation
  • et enfin accélérer la promotion internationale de la Place financière de Paris.

Le rôle de La Défense

Avec 160 000 salariés, près de 70 % de sièges sociaux et de nombreux établissements financiers (la Société Générale, la succursale régionale de la Banque de France, HSBC, Euronext qui accueillait la conférence dans ses locaux…), « La Défense a déjà commencé à être une place financière, a tenu à rappeler Patrick Devedjian. Disposer d’un poumon économique comme La Défense est une chance. Mais il ne suffit pas de mesurer cette chance, il faut aussi l’entretenir, la renforcer et la promouvoir ».

Le président du Conseil départemental et de Defacto a ainsi annoncé le projet de création d’un nouveau lycée international à proximité du quartier d'affaires.

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