En Commission des lois : sur le vote blanc

(La Commission examine, en deuxième lecture, la proposition de loi, modifiée par le Sénat, visant à reconnaître le vote blanc aux élections, n° 768, M. François Sauvadet, rapporteur).

"La distinction entre le vote nul et le vote blanc me paraît de même nature que la discussion sur le sexe des anges qu’avaient les Byzantins au moment où les barbares étaient au pied des remparts. Aujourd’hui, notre démocratie est menacée de délitement et la vraie question qu’on peut se poser est finalement : quel est le sens du vote ? Sert-il à exprimer une vérité personnelle, métaphysique, ou un acte politique destiné à remplir une fonction consistant à choisir les dirigeants d’une collectivité ou de la nation ? Si on retient cette seconde approche, le bulletin nul, comme le bulletin blanc, est le contraire même du sens du vote.

C’est en effet une erreur d’appréciation que de vouloir introduire une dimension métaphysique, c'est-à-dire l’expression d’une vérité individuelle, dans la signification d’un vote. Celui-ci est de toute façon un compromis – car je sais que la personne pour laquelle je vote, même si elle appartient à ma formation politique, n’est pas parfaite et je ne suis pas tout à fait d’accord sur tout ce qu’elle dit. Il s’agit de permettre à une collectivité ou à notre pays d’avoir des élus et d’être administrés.

D’ailleurs, c’est la grande spécialité de cette majorité de cultiver des débats sur des faux problèmes alors que notre pays est confronté à des problèmes beaucoup plus importants."

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