"Fusion 78-92 : Patrick Devedjian élu président de l'établissement interdépartemental", Le Parisien Hauts-de-Seine, 23 mars 2016

 

Francois-Xavier Chauvet 

Vélizy-Villacoublay, ce mercredi. «L’opposition des Hauts-de-Seine peut constater que nous ne sommes pas une assemblée monolithique », a ironisé Pierre Bédier (au centre), vice-président de l’établissement interdépartemental dirigé par Patrick Devedjian (à droite). 

Le tout jeune établissement public interdépartemental Yvelines - Hauts-de-Seine, qui rassemble les 88 conseillers départementaux, s’est réuni pour la première fois ce mercredi au théâtre de l’Onde de Vélizy-Villacoublay.

A l’ordre du jour de cette séance d’installation : l’élection du président et d’un bureau exécutif. Un exercice de pure forme au cours duquel opposants de gauche des Hauts-de-Seine et frondeurs de droite des Yvelines ont une nouvelle fois exprimé leur opposition.

Patrick Devedjian élu sans surprise. Il était le seul candidat. Patrick Devedjian, président (LR) du département des Hauts-de-Seine a recueilli les 74 suffrages exprimés sur 80 bulletins dépouillés. Les huit élus de gauche des Hauts-de-Seine n’ont pas pris part au vote, ni présenté de candidat.

Les frondeurs yvelinois isolés.

Christine Boutin (PCD) et Yves Vandewalle (LR) ont redit tout le mal qu’ils pensaient de cette fusion «qui ne dit pas son nom », selon l’ancienne ministre. «Mes dernières espérances se sont envolées. J’ai l’impression d’avoir été blousée et mes électeurs avec », a assené Christine Boutin. «Ce sont les rites qui conduisent à la conviction. Avec toi, il y a de l’espoir », lui a rétorqué un Patrick Devedjian en forme malgré un début d’extinction de voix. A noter que Philippe Brillault (LR), qui s’est distingué en glissant un bulletin au nom de Pierre Bédier dans l’urne et en s’abstenant lors des autres votes, s’est attiré les foudres de Marie-Célie Guillaume, conseillère départementale (LR) des Yvelines et directrice générale de Defacto (NDLR : établissement public de gestion de la Défense) pour avoir pris la parole «au nom des élus qui n’osent pas ». «Nous sommes assez grands pour dire ce que nous avons à dire », lui a asséné l’élue de Mantes-la-Jolie.

L’opposition de gauche réclame un référendum. «Coopérer, ça n’est pas fusionner. Votre construction est là pour tourner le dos à la Métropole du Grand Paris. Il s’agit d’une erreur historique », a lancé Gabriel Massou, élu Front de Gauche des Hauts-de-Seine. Et de réclamer un référendum rejoint sur le sujet par Catherine Picard, élue PS : «vous voulez faire sans la population et ça n’est pas possible ».

La prochaine réunion aura lieu le 30 juin à Nanterre (Hauts-de-Seine).

A quoi ça sert ?

Le nouvel établissement public est une structure juridique qui a pour mission de gérer les compétences communes, avec des applications sur le terrain comme la fusion des services d’archéologie et de voirie notamment. «Nous voulons faire des économies évidemment mais pas au détriment de l’emploi », a réaffirmé Patrick Devedjian ce mercredi alors que le syndicat CGT a exprimé ses craintes à travers un tract distribué à l’entrée de la salle. Plus concrètement, les deux départements viennent de créer une super société d’économie mixte (Sem) baptisée Citallios. Elle regroupe les anciennes Sem des Yvelines et des Hauts-de-Seine. Objectif : être un acteur majeur de l’aménagement du territoire francilien et surtout concurrencer Grand Paris Aménagement créé dans le cadre de la Métropole du Grand Paris.

 

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