Heureux de vivre, avec l'envie de lutter pour ce département des Hauts-de-Seine!


Réunion publique à Bourg la Reine - vendredi 11 mars 2011

Discours de Patrick Devedjian

scne_rduiteJe suis heureusement surpris d’avoir pu réunir tant de monde ce soir, d’avoir tant d’amis qui pensent, et même disent du bien de moi !

Je commençais presque à m’inquiéter…

Un journal me dit l’homme à abattre. L’autre fait sa une en me représentant avec une cible sur le cœur. Un troisième me conseille de porter un gilet pare-balle. Sans oublier ceux qui claironnent depuis des mois que je suis déjà mort.

Au fond, ils ont peut être raison : je dois être mort. Car il n’y a que dans les enterrements qu’on voit autant de monde et qu’on dit autant de bien de quelqu’un !

Et bien j’ai une annonce à vous faire : non seulement je suis bien vivant, mais je suis décidé à me battre ! « I will survive », dit la chanson fétiche d’une équipe qui a gagné !

Heureux de vivre et porté toujours par cette envie de lutter pour ce département des Hauts de Seine auquel je suis si attaché.

J’aime ce département. J’y ai grandi, j’y ai passé presque toute ma vie.

J’ai voulu y porter le combat politique pour arracher Antony au parti communiste, puis pour transformer cette ville et en faire un lieu où il fait bon vivre, avec des commerces, la culture et un cadre urbain de qualité.

Comme président du Conseil général, j’ai poursuivi cette entreprise sur l’ensemble du territoire. Et je sais que j’ai encore beaucoup de choses à apporter à ce département.

Les Hauts de Seine sont un département magnifique. Bien loin de la caricature que certains se complaisent à entretenir et beaucoup plus contrasté qu’on ne le croit. Ici se sont rencontrés des gens venus des quatre horizons, avec pour seul bagage leur énergie et la volonté de s’en sortir par le travail. Notre département, mélange réussi de cultures diverses, préfigure, à bien des égards, l’avenir de la France. S’il n’est le fief de personne, il est le creuset de destins uniques, et parfois exceptionnels. Symbole de cette France métissée, travailleuse et courageuse, que Nicolas Sarkozy a su incarner en 2007.

Les Hauts de Seine, c’est aussi, sans aucun doute, le département de la réussite économique. Un département qui a su attirer les entreprises, créer un environnement économique fertile, mais aussi un cadre de vie attractif pour les salariés et leurs familles, avec des quartiers qui sont restés pavillonnaires, évoquant l’atmosphère du village qu’ils défendent âprement.

Cela n’était pas gagné d’avance.

Je rappelle toujours que lorsqu’il a été créé, en 1967, le Conseil général des Hauts de Seine était à parité parfaite entre la gauche, dominée par le Parti Communiste, et la droite. Il n’a penché pour la droite qu’au bénéfice de l’âge. Il aurait donc pu avoir le destin de la Seine Saint Denis. Et si notre département est devenu aussi attractif, c’est en raison des choix politiques qui y ont été faits, dès le départ, qui  ont toujours favorisé l’intégration de tous et le dynamisme économique.  Ne font exception que quelques villes dont les élus de gauche ont recherché délibérément la constitution de ghettos sociaux.

Notre département est jalousé, montré du doigt en permanence. Mais il faut le dire : ses ressources sont un peu inférieures à celles de la Seine Saint Denis qui a pourtant une population un peu moins nombreuse. Et qu’on ne me dise pas que les prestations sociales sont plus généreuses en Seine Saint Denis. Un seul exemple : les Hauts de Seine disposent de 24 500 places en crèche, la Seine Saint Denis n’en a que 12 000. Je propose d’ailleurs de poursuivre cet effort, avec l’ouverture de 4000 places nouvelles dans les trois ans à venir. Même Paris a moins de place en crèche que les Hauts de Seine…

Nous sommes aussi le seul département qui verse 100€ par mois aux familles qui n’ont pas pu trouver de place en crèche pour leurs enfants : cela s’appelle Bébédom.

Non, notre département n’est pas le plus riche de France. Il doit être 5è ou 6è. Cela ne fait pas de nous des malheureux, mais nous sommes loin derrière Paris qui a un budget de 7,5 Milliards d’euros, alors que le nôtre n’est que de 1,7 milliards.

Mais il est vrai que notre département est bien géré. Et même de mieux en mieux géré. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est la Cour des Comptes qui la reconnu dans son dernier rapport il y a 3 mois. J’en suis fier, et je crois que tous les élus du Conseil général, et je parle sous le contrôle de mes amis ici présents (cher Alain Bernard, cher Christian, cher Yves, cher Jean-Paul, cher Hervé), tous mes amis de la majorité en sont fiers aussi à juste titre.

Ce n’est pas nous qui aurions souscrits à des emprunts toxiques comme ces collectivités qui demandent maintenant qu’on paye à leur place ou qui réclament la péréquation !

Comme maire d’Antony j’ai administré une commune qui était pauvre en raison de contraintes malheureuses qui lui avaient été imposées. Je me suis battu pour qu’elle ne le soit plus. Et aujourd’hui elle ne l’est plus : ça vaut toutes les péréquations !

Je commence à être lassé des incessantes leçons de morale d’une gauche qui ne cesse d’augmenter les impôts des collectivités qu’elle administre. Les Hauts de Seine sont un département exemplaire. Avec une fiscalité très modérée, nous avons toujours été à la pointe de l’innovation sociale.

Il y a quelques dizaines d’années ce département n’était que l’auxiliaire de Paris, lieu de stockage de ses servitudes. Chatillon abritait en son cœur le dépôt de pavés de la ville de Paris, d’autres villes ont les garages des autobus, nous supportons des équipements sportifs parisiens, des cimetières annexés comme Bagneux Parisien. La ville de Paris a même institué son propre opérateur hlm pour construire hors Paris et y loger la population que la capitale ne loge pas !

Pourtant, en matière de logements, nous n’avons à recevoir de leçon de personne. Les Hauts de Seine ont 26% de logements sociaux, c'est-à-dire le même taux que le Val de Marne géré par le Parti Communiste, pourtant jamais critiqué de ce point de vue, pas plus que Paris qui n’atteint que 15%.

Nous y avons un certain mérite, car le dénombrement se fait suivant les modalités de la loi Gayssot et par exemple, il n’a jamais pris en compte les 2500 logements de la Résidence Universitaire d’Antony, alors même qu’ils appartenaient à l’Office Départemental d’HLM. Cogérée par les étudiants, la cité U d’Antony est dans un état de vétusté et d’abandon qui a justifié le changement de propriétaire et la rénovation profonde du site engagée par la Communauté d’Agglomération, présidée par Georges Siffredi mon ami, et le Département.

Dans le même temps, j’ai engagé pour le Conseil Général, en partenariat avec l’Etat et Valérie Pécresse, la production de 3000 nouveaux logements étudiants sur l’ensemble du département, et cela avant 2013. Au-delà des discours, au-delà des leçons de morale, voilà des actes concrets ! Des actes dont nous pouvons être fiers !

C’est vrai que nous manquons de logements en région parisienne. Je vois bien le niveau des loyers du secteur libre qui ne permet pas aux plus jeunes de se loger dans la ville de leurs parents. C’est pourquoi en 2010, avec Alain Bernard Boulanger, nous avons lancé 3720 nouveaux logements sociaux, une offre supérieure à la demande de l’Etat. Parallèlement, nous avons acquis 4992 logements d’une filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations, mal entretenus et que nous allons rénover. Encore une fois, au-delà des discours, au-delà des leçons de morale, voilà des actes concrets ! Des actes dont nous pouvons être fiers !

Il reste que depuis que les plafonds de revenus ont été abaissés, toute une catégorie de la population est soit disant trop riche pour accéder au logement social, mais pas assez pour accéder au logement libre, et encore moins à la propriété.

Si l’on veut bien considérer que le plafond pour un couple est à 1652€ par mois pour la catégorie la moins chère (PLAI) et à 3580€ pour la catégorie la plus chère (PLS), on mesure que beaucoup de gens sont condamnés à aller vivre ailleurs, de plus en plus loin de Paris et de leur lieu de travail.

C’est la raison pour laquelle je dis qu’il y urgence à développer une offre de logements intermédiaire. Et que, malgré l’opposition de la gauche, l’Etat et les Départements doivent mettre en place des instruments de financement de cette catégorie de logements en faveur des classes moyennes.

A Bagneux, il y aura bientôt 80% de logements sociaux ! C’est une ville, limitrophe de Bourg la Reine, qui a progressivement chassé la plupart des entreprises, et qui par la préemption systématique a empêché toute offre de logements libres sur la commune. Le résultat est navrant : un appauvrissement continu, une qualité de vie urbaine qui se dégrade en raison de l’uniformité, et un besoin de subventions et de péréquation qui n’a pas de fin.

Je ne voudrais pas que nous soyons dans 20 ans à nouveau obligés de recommencer ces indispensables et horriblement coûteuses « Rénovations Urbaines » pour laquelle le département est déjà engagé à hauteur de 466 millions d’€ sur 18 quartiers.

Depuis que M. Delanoé rationne les entrées dans Paris, depuis que M. Huchon s’avère incapable de faire fonctionner normalement le RER, le premier besoin de chacun est de trouver dans nos villes tous les services, tous les commerces, tous les loisirs qu’on allait autrefois chercher dans Paris.

D’une certaine manière, en banlieue, nous avons nous aussi adopté le slogan : « vivre et travailler au pays ! »

Il nous faut rapprocher l’entreprise et le logement, en attendant que le réseau de transport du Grand Paris change notre vie quotidienne. Mais nous savons bien que ce sera long. C’est pourquoi le Conseil Général a depuis longtemps engagé sa propre politique de transport, suppléant la carence de la Région qui a pourtant le monopole de la compétence dans ce domaine. Nous avons réalisé le tramway Val de Seine, le T2. Nous réalisons actuellement le T6 pour assurer la liaison entre Chatillon et Velizy, si longtemps enclavé. Nous avons programmé la construction d’un tramway entre la Croix de Berny et Velizy. Nous cofinançons la  ligne de métro n°4 de la Porte d’Orléans à Montrouge, et plus tard jusqu’à Bagneux. Nous dépensons chaque année 180 millions € pour les transports.

Vous le voyez. Le Conseil général est le premier investisseur pour l’amélioration de votre vie quotidienne. Je n’en finirais pas de vous faire la liste de chacune de ses interventions. Je ne reviendrais pas sur le secteur social, son cœur de métier, dont Christian Dupuy vous a parlé. Vous l’avez vu avec la rénovation du collège Evariste Galois. Vous le voyez encore avec la transformation engagée de la départementale 920.

Mes chers amis, la vie politique n’est pas facile. Le monde connaît des bouleversements considérables. Les populations comme les marchandises et les capitaux, se déplacent très vite et très facilement, transformant les habitudes et les comportements.

Le vertige saisit parfois notre nation, fière de son histoire et inquiète de son avenir. La prospérité économique semble s’éloigner lentement de nos rivages. On cherche des boucs émissaires, les rivalités s’exacerbent.

Quel est le devoir de l’homme politique dans ce monde en pleine mutation ? Ai-je les qualités que réclame la situation ?

On dit de moi que je suis trop sérieux, pas assez convivial, pas assez flatteur. Voire pas assez courtisan.
C’est vrai.

On dit de moi que je suis avare des deniers publics, exigeant dans les négociations, que je ne sais pas distribuer les promesses.
C’est vrai.

On dit que je crois trop à la culture pour tous.
C’est vrai.

On dit que j’en fais trop.
C’est à vous de le dire.

Ce que je crois, c’est qu’on est élu pour servir. Que l’argent est dur à gagner pour le contribuable. Que chaque euro dépensé doit être utile. Que les élus doivent en rendre compte : cet argent leur a été confié, il n’est pas à eux.

Je crois que les Français ont une très grande exigence vis-à-vis de leurs élus, et ils ont raison. Le régime représentatif qui est celui de notre Constitution signifie que le corps électoral doit pouvoir se reconnaître dans ses élus. Et je crois qu’avant toute autre chose, les Français attendent de leurs élus : rigueur, sobriété et transparence. A nous d’être à la hauteur de cette exigence.

Je repense à l’hymne de l’équipe de France victorieuse, I will survive. Le visage que je veux donner aux Hauts de Seine, c’est celui d’une autre équipe de France victorieuse. Je parle de l’équipe de France de Hand-ball, championne du monde, championne olympique, que nous allons installer au stade Yves du Manoir, à Colombes. On les appelle les Experts. Ils ont séduit la France par leur simplicité, leur esprit d’équipe, leur gentillesse, leur modestie.

Ce sont ces valeurs-là que je veux porter pour notre département.

 

intervention Patrick Devedjian

Avec V Pecresse et G Longuet

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