"Investir en Haïti, c'est aider la population à sortir de la misère", Le Parisien, 5 juin 2015

Comment avez-vous choisi Haïti pour mener des actions de coopération internationale ?

Patrick Devedjian. Nous avons décidé de concentrer nos actions sur la lutte contre la malnutrition dans le monde, parce que le premier besoin de l’homme est de se nourrir.

 
 

Les quatre pays que nous aidons sont au plus bas du tableau. Et nous avons privilégié ceux dont les communautés sont importantes dans le département, afin d’y associer la population.

Alors que les ressources du conseil départemental diminuent, cette dépense se justifie-t-elle ?

Dire que ce n’est pas une dépense prioritaire est une erreur. Au-delà de ma sensibilité personnelle à ces questions, il y a des endroits dans le monde où les gens ont faim. Nous ne pouvons pas vivre en les ignorant, c’est irresponsable. On ne peut pas refuser l’immigration et laisser ces populations mourir chez elles. Il faut préciser que ces actions sont toujours votées à l’unanimité par l’assemblée départementale.

Quel est votre objectif à Haïti ?

Aider la population à sortir de la misère. Mais pas en se contentant de donner un chèque. C’est pourquoi j’ai tenu à me rendre sur place pour vérifier comment notre argent est utilisé. Nous aidons les producteurs à valoriser leurs fèves de cacao, notamment le criollo. Les chocolatiers sont prêts à payer plus cher du fait de sa qualité. Grâce aux actions mises en place avec nos partenaires, ils ont multiplié leurs revenus par quatre ou cinq.

Pourquoi poursuivre alors ?

Il y a encore des plages d’amélioration : aider les paysans à faire face à la concurrence, les rapprocher davantage des chocolatiers des Hauts-de-Seine voire des Yvelines et au-delà, afin d’améliorer encore la qualité des fèves. Nous allons également mettre en place une exploitation modèle, proche de l’université d’agronomie. Nous n’arrêterons ici que lorsque notre argent ne servira qu’à nous donner bonne conscience.

 

Propos recueillis par Jila Varoquier

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Haïti, mercredi 3 juin 2015. Patrick Devedjian, patron (Les Républicains) du conseil départemental des Hauts-de-Seine (à gauche, ici avec Gabriel Massou, élu Front de gauche) est allé voir sur le terrain comment l’argent du 92 était investi auprès des producteurs de cacao.
Haïti, mercredi 3 juin 2015. Patrick Devedjian, patron (Les Républicains) du conseil départemental des Hauts-de-Seine (à gauche, ici avec Gabriel Massou, élu Front de gauche) est allé voir sur le terrain comment l’argent du 92 était investi auprès des producteurs de cacao. (LP/J. Va.)

 

 

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