"Juppé, c'est une hauteur de vue et de l'autorité", Midi Libre, 15 novembre 2016

 

Patrick Devedjian, soutien d'Alain Juppé, est à Nîmes ce mardi soir à 18 heures .

Pourquoi soutenez-vous Alain Juppé ?

Il est l'homme de la situation, il n'est pas populiste et n'est pas dans la contamination après le Brexit et l'élection de Trump aux États-Unis. C'est un Européen et un décentralisateur qui a fait énormément en tant que maire de Bordeaux et sait que tout ne dépend pas de Paris et de l'État central. C'est un homme d'autorité et de pondération.

Quels éléments de son programme le différencient de ses concurrents ?

La différence réside surtout dans le réalisme de ses propositions. Il veut réduire le périmètre de la fonction publique mais dans une mesure rationnelle et possible. Globalement, ma propre expérience me permet de dire que son programme est réaliste.

François Fillon paraît profiter des deux débats télévisés, ne craignez-vous pas que les sondages ne soient pas fiables ?

C'est vrai qu'on n'a pas d'expérience de sondages sur la primaire mais tous mesurent un très grand écart entre François Fillon 18 % et Alain Juppé, 36 %. C'est confortable même s'il peut y avoir des erreurs. Après, nous sommes tous dans la même famille politique, je ne vais donc pas jeter l'opprobre sur tel ou tel. La question est : quel est le meilleur candidat pour faire face à un chômage élevé, une croissance atone, une psychose du terrorisme entretenue par le gouvernement. Pour moi c'est Alain Juppé il possède la hauteur de vue, la vision de l'avenir et l'autorité nécessaires.

S'il s'avère qu'au second tour, les électeurs du centre font la différence en faveur d'Alain Juppé, votre électorat ne risque-t-il pas de se diviser ?

Il n'y a pas de majorité sans le centre. À l'origine, le centre faisait partie de l'UMP et c'est parce que la liberté d'expression n'a pas été suffisante qu'une partie importante a créé une autre formation. C'est un échec de l'UMP. Il faut méditer cela et reconnaître que la guéguerre est une folie.

Quel message souhaitez-vous adresser aux électeurs FN gardois qui, pour une partie importante, ont voté Sarkozy en 2007 ?

Je leur dirai que la France devient toute petite à l'échelle du monde, qu'elle a de moins en moins d'influence et qu'on a besoin d'une Europe profondément rénovée, et d'une Europe pour faire face aux périls. Je vais leur dire qu'il faut voir plus large que la Nation. Je vais aussi leur dire que le débat sur l'identité est absurde, que nombre de Français ont une origine étrangère et que l'intégration c'est douloureux. Ça ne se fait pas seulement par un décret, il faut donner sa chance à l'intégration.

Propos recueillis par Jean-Pierre Souche

Réunion publique de soutien à Alain Juppé, avec le président du conseil général des Hauts-de-Seine et ancien ministre Patrick Devedjian, à partir de 18 heures, au salon d'honneur du stade des Costières.

 

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