L’éternel faux-débat

C’est franchement consternant de voir ressurgir ce débat inutile sur le Front national que la gauche nous inflige dès qu’elle est au pouvoir ! et dans lequel nous tombons à pieds joints.

Je voudrais rappeler quelques faits simples :

1) Les électeurs votent pour les partis extrêmes lorsqu’ils sont extrêmement mécontents. C’est le cas actuellement, et le Front national apparaît à beaucoup de Français ulcérés par le chômage, les impôts, les incivilités, la complexité administrative, et j’en passe, comme le meilleur moyen de crier leur ras-le-bol. Cela ne veut pas dire qu’ils approuvent leurs propositions, cela veut dire qu’ils veulent un changement fort. Quand j’étais étudiant, mes professeurs appelaient cela la « fonction tribunitienne » de certains partis politiques, en référence au Tribun de la Plèbe à Rome.

2 La droite républicaine n’a jamais gouverné avec le Front national. Ni nationalement, ni localement. Pour une raison simple : nous ne partageons pas les mêmes valeurs, la même vision de la société, les mêmes politiques. La droite veut rassembler une grande majorité de Français, elle cherche des solutions consensuelles pour faire avancer notre pays dans le monde d’aujourd’hui. Elle défend et promeut avec ardeur la liberté, l’égalité et la fraternité. Sa politique tant nationale que locale peut être critiquée mais elle a apporté et continue d’apporter dans les collectivités locales qu’elle dirige un vrai bien-être à tous les Français.

C’est donc un procès d’intention permanent mais sans fondement qui est fait aux hommes politiques de droite de les soupçonner de collusion avec l’extrême-droite.

3) Le débat politique devrait s’intéresser aux politiques publiques menées par le pouvoir en place ou proposées par l’opposition : nos concitoyens se rassembleront sur ces propositions ou sur le résultat de ces politiques, et non sur la personnalité de telle ou tel qui crie le plus fort. Ce sont ces politiques publiques qui peuvent et doivent être critiquées, espérées ou rejetées. C’est le rôle des media de faire comprendre les choix politiques et leurs conséquences : Baisser la dépense publique ? pourquoi ? comment ? quelles conséquences ? Moderniser notre système éducatif ? Décentraliser ou tout confier à l’Etat ?

Ce qui manque aujourd’hui à l’UMP comme à l’UDI, c’est justement de faire vivre ces débats de fond. Tout le monde en a assez de la personnalisation du pouvoir, des petites phrases sorties de leur contexte, de parler de la présidentielle de 2017 alors que nous n’avons élu le Président que l’année dernière. Reprenons-nous !

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