La crise grecque et l’avenir de l’Europe

{jcomments on}euroEtGreceCette crise est d’abord due à des années de politique laxiste des gouvernements grecs qui, sur 5 millions d’actifs que compte le pays, ont embauché 800.000 fonctionnaires dont le coût a grevé les finances publiques. Ceux qui chez nous réclament une augmentation indéfinie des fonctionnaires publics doivent comprendre qu’aucun pays ne peut rejeter la nécessité de faire des choix judicieux pour maintenir les équilibres.

 

La Grèce n’a pas su développer une politique de croissance et encore moins organiser un système fiscal rationnel et stimulant.
L’Union Européenne et la Banque Centrale Européenne n’ont pas su exercer leur obligation de surveillance des fondamentaux de l’économie grecque et de ses effets sur l’euro. Elles n’ont pas su voir que le gouvernement grec fournissait de fausses statistiques au moment de l’entrée dans la zone euro.

Ce que craignent aujourd’hui les agences de notation, c’est que le pays ne soit plus en capacité de payer ses dettes : ce qu’on appelle le « défaut », (anglicisme pour la « défaillance »). Pour le moment, on s’est principalement attaché à fournir des prêts qui n’ont guère pour effet que de reporter les échéances.

Il faut donc ajouter un plan cohérent et réaliste d’assainissement économique auquel les prêteurs aventureux devront prendre leur part : cela s’appelle restructuration. La tâche est rude car la dette grecque atteint 350 milliards d’euros. Ces mesures ne sont possibles que si l’Europe dispose d’une politique et d’une administration économique : ce n’est pas le cas.

L’Europe doit sauver la Grèce comme elle a financé la réunification allemande : au prix d’une récession douloureuse.

La Grèce est à l’origine de la culture et de l’idée européenne, elle ne peut se défaire sans que l’Europe entière ne donne ainsi le signal de sa décomposition. La conception de la civilisation et le système de valeurs qui constituent notre vivre ensemble seraient alors progressivement remplacés dans le monde par d’autres systèmes et nous nous trouverions de plus en plus marginalisés dans la mondialisation.

Ainsi se poursuit une décadence que d’aucuns ne semblent pas voir : aveugles du nationalisme, utopistes du refus de la mondialisation, ou cyniques qui se contentent de reculer le déluge.

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