"Le département investit pour soutenir la croissance"

"Le Département investit pour soutenir la croissance", Le Parisien - Hauts-de-Seine, vendredi 30 mars 2012

Les élus du conseil général se réunissent aujourd'hui pour une séance marathon consacrée au budget 2012 de l'assemblée départementale. Celui-ci prévoit une enveloppe de 485 millions d'euros dédiée aux investissements (transports, voirie, habitat, construction ou réhabilitation des collèges). Il annonce aussi un "fonctionnement maîtrisé" avec des crédits identiques à ceux de l'an passé. (Interview recueillie par Roberto Cristofoli avec Gaétane Bossaert)

Le Parisien Hauts-de-Seine. A travers ce budget, que voulez-vous signifier ?

Patrick Devedjian. Dans le contexte de crise économique, notre volonté est de contenir les dépenses de fonctionnement et de soutenir les dépenses d'investissement. La dépense publique ne doit pas être regardée de manière globale et aveugle. C'est comme le cholestérol, il y a de la bonne dépense publique et de la mauvaise, celle qui ne produit pas nécessairement d'effet de croissance.

Ce budget soutient-il assez la solidarité ? C'est le reproche qui vous est souvent fait....

On peut le dire à l'infini. Pour la gauche, tant qu'on n'est pas à 100 % de dépenses sociales, ça ne suffit pas. Regardez la Seine-Saint-Denis, reine de la dépense sociale, dans quelle situation elle est aujourd'hui.

Dans les Hauts-de-Seine, notre action est ciblée avec des objectifs de résultats. Ainsi le conseil général n'hésite pas à dépenser plus que les autres départements pour les bénéficiaires du RSA. Nous avons créé des espaces d'insertion, c'est une originalité et une innovation de notre part. Cela nous coûte de l'argent mais les résultats sont formidables.{jcomments on}

Vous pouvez les quantifier ?

Ils sont deux à trois fois supérieurs à ce qui était réalisé avant. Ce n'est pas le cas de tous, mais certains espaces arrivent à un taux de retour à l'emploi de près de 70 %.

Quelles recettes ont baissé depuis douze mois ?

Nos recettes sont globalement stables. En revanche, la péréquation (NDLR : mécanisme de distribution des recettes qui visent à réduire les écarts de richesse entre les différentes collectivités territoriales) a considérablement augmenté, ce qui pèse sur notre budget.

En période de crise, est-il judicieux d'aider une association pour la musique classique à hauteur de 330 000 € ?

C'est judicieus car la culture joue un rôle essentiel à mes yeux. Notre politique consiste à rendre la culture accessible à tous : elle ne doit pas rester le privilège d'une élite. Le développement des individus et l'amélioration de leurs conditions matérielles passent par l'accès à la culture. c'est pourquoi le département s'engage en faveur de la musique classique, avec le soutien à un nouvel orchestre, Insula Orchestra, créé par Laurence Equilbey, et le projet Demos d'apprentissage musical pour les enfants des quartiers défavorisés.

Votre opposition critique une vision orientée de la culture, ciblée sur la "musique savante" ?

La classique, Mozart, c'est de la musique savante ? Mais c'est universel !

Habituellement, la gauche reproche à la droite de mépriser la culture... Nous sommes à front renversé, c'est risible.

180 millions d'euros sur l'ïle Seguin à Boulogne-Billancourt, c'est aussi de la culture pour tous ?

Absolument. L'île Seguin, ce sera un pôle culturel et un lieu de rayonnement intellectuel qui sera accessible à tous, ce qui n'existe pas dans le département. Et puis ce ne sera pas 180 millions. C'est un financement public-privé, donc on verra dans quelle proportion se fera le montage des financements. On ne peut pas se plaindre d'être dans l'insuffisance culturelle et en même temps de vouloir doter notre pays d'un tel équipement. A Hambourg, à Rome, à Londres, il y a au moins un équipement de cette ampleur, en France vous n'avez pas d'équivalent.

Vous investissez aussi 50 millions d'euros pour la rénovation du musée Albert-Kahn et ses jardins. N'est-ce pas trop sur la même ville ?

Ce n'est pas seulement la ville, c'est le département. Le conseil général dépense encore plus d'argent sur la voirie, les tramways, les 4,2 km de la RD 7 dont la rénovation était attendue depuis 25 ans. Le département investif beaucoup pour soutenir la croissance. Aujourd'hui, vous ne verrez pas beaucoup de collectivités capables de maintenir un tel effort.

Le soutien au club de rugby du Racing-Métro 92 est-il reconduit ?

Bien sûr. Notre partenariat avec le Racing-Métro 92 est important. Comme la culture, le sport joue un rôle essentiel, en particulier envers les jeunes. Je souhaite que les Hauts-de-Seine soient à la fois le lieu de la culture et du sport avec un pôle important sur le rugby et sur le handball qui doit s'installer à Colombes.

Dernière chose, à propos de la campagne présidentielle. Comment la sentez-vous dans le département ?

Je perçois une évolution de l'électorat. Depuis quelques semaines, la mobilisation s'accroît fortement en faveur de Nicolas Sarkozy. Sur le marché, quand vous distribuez les tracts, comme je l'ai fait dimanche, la réaction n'est plus la même, on reçoit des encouragements... Cela remonte le moral de tout le monde.

 

 

categories: 

Ajouter un commentaire