Le Figaro.fr, 22 octobre 2013 : Devedjian : «Le droit du sol est un fondement du Pacte républicain»

(Interview par Sophie Huet)

 INTERVIEW - Le président UMP du conseil général des Hauts-de-Seine s'oppose à Jean-François Copé, qui propose de réformer le droit du sol pour «supprimer tout ce qui attire l'immigration clandestine». 

LE FIGARO. - Êtes-vous favorable à une réforme du droit du sol, comme le propose le président de l'UMP?

Patrick DEVEDJIAN. - Avant de modifier les lois sans arrêt, il faut commencer par les appliquer. Dans l'affaire Leonarda, le vrai problème c'est que cette famille a dû attendre cinq ans pour connaître la décision négative de l'administration française qui ne lui a pas donné le droit de résider sur le territoire national. Il ne faut pas modifier fondamentalement le droit du sol, qui est un acquis de la Révolution française, un fondement du Pacte républicain. Plus de 25% des Français ont au moins un de leurs grands-parents de nationalité étrangère. La France a toujours intégré un maximum d'étrangers venant de tous les coins de la planète. Et elle les a toujours mieux intégrés que les États-Unis avec leur fameux «melting pot». Nous sommes à l'heure de la mondialisation. Il y a de plus en plus de mariages entre des Français et des étrangers. Il faut en tenir compte pour l'intégration des familles qui ont des origines diverses. J'ajoute que l'Allemagne, qui pratiquait le droit du sang, a modifié sa législation il y a une dizaine d'années pour adopter le droit du sol, en raison des très nombreux étrangers qui résidaient sur son sol de père en fils, et qui ne s'intégraient pas parce qu'on ne les naturalisait pas.

Que vous inspire l'affaire Leonarda?

Elle démontre le dysfonctionnement du système du droit d'asile, la complexité de notre législation et la lenteur de notre Justice. Cette affaire stupéfie le pays quand le président de la République en arrive à s'occuper des faits divers. Que le président s'adresse directement à un particulier, dans une situation où seul le bon fonctionnement des institutions est en jeu, tétanise le pays. Le chef de l'État doit rester au-dessus des cas particuliers.

Êtes-vous favorable au débat sur l'immigration initié par l'UMP?

Non, ce n'est pas une bonne chose, comme ce n'est pas une bonne chose de placer le Front national dans tous les débats politiques. L'UMP doit d'abord se mettre au clair sur ses principes fondamentaux sans se préoccuper de l'attitude du FN ou du PS.

 

Commentaires

Bravo! mr Deveidjan, je ne suis pas de votre bord politique mais j'ai toujours apprécié vos propos sur la question du droit du sol. Enfin un homme intelligent à l' ump. Le curieux c'est que ceux qui alimentent cette haine de l'autre à l'heure de la mondialisation ne sont pas des Français depuis longtemps.Et c'est pitoyable d'entendre toujours les mêmes venir répandre leur haleine fétide à la télévision pour nous raconter ce qu'il faut faire pour être un vrai Français. Une question: si la politique des étrangers de la France était celle qu'ils péconnisent aujourd'hui ne seraient-ils pas entrain de croupir dans une ferme Hongroise, Roumaine, Polonaise.? Quelle légitimité ont-ils pour dénier aux autres la possibilirté d'être Français. La france par sa position géographique en Europe est une terre de passage et une terre d'mmigration, avant que la faim dans le tiers monde ne chasse les populations hors de leurs frontières.

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