"Le rapprochement Yvelines/Hauts-de-Seine est entré dans le concret", 10 janvier 2017

 

Cérémonie des vœux des Hauts-de-Seine et des Yvelinesaux personnalités, Haras de Jardy

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Chers amis,

Il y a un an, ici même, nous faisions ensemble, cher Pierre, un pari qui n’était pas politiquement correct.

Ce pari nous emmenait au-delà des frontières administratives, au-delà des barrières mentales de l’immobilisme (deux spécificités bien françaises).

Nous voulions agir non plus de manière isolée, mais à deux pour que, dans un avenir proche, nos départements ne fassent plus qu’un.

A cette initiative nouvelle, certains opposaient une moue sceptique, blasée.

Certains lisaient dans le marc de café un échec annoncé.

A ces mauvais augures, et puisqu’avec Pierre Bédier, nous sommes un peu têtus…

A ces augures, je veux dire que l’année 2016 leur a donné tort.

Depuis un an, le tandem Yvelines/ Hauts-de-Seine est entré dans le concret.

En 2016, nous avons mutualisé des services, nous avons réalisé des économies d’échelle. Tout cela évidemment, sans surcoût pour les contribuables.

  • Le service interdépartemental d’archéologie préventive fonctionne depuis cet été.
  • Les assistantes maternelles des deux départements suivent désormais des formations communes.
  • Nous avons aussi créé une SEM, CITALLIOS, qui laissera aux élus locaux le choix de dessiner l'avenir de leurs territoires.
  • Courant 2017, le nouveau service interdépartemental de l’adoption commencera à fonctionner.
  • Le réseau routier des Yvelines et des Hauts-de-Seine sera aussi exploité et entretenu par un service commun.

D’autres chantiers seront lancés en 2017, comme la poursuite de commandes groupées dans nos achats, ou la création d’un foyer d’accueil médicalisé pour les personnes autistes ou handicapées psychiques, qui n’ont d’autre choix aujourd’hui, que d’être orientées vers la Belgique.

Et dès le mois de février aux Mureaux, dans les Yvelines, l’entreprise délégataire des Hauts-de-Seine pour la restauration scolaire, ouvrira une légumerie, qui approvisionnera les collèges des Hauts-de-Seine en produits locaux, issus des Yvelines notamment. C’est une première de cette ampleur, puisqu’elle fournira 1500 tonnes de légumes par an.

Ce rapprochement Yvelines/ Hauts-de-Seine, bénéficiera donc tout autant aux zones urbaines qu’aux zones rurales, que nous comptons bien préserver.

Je laisse la vision uniformisée à Paris, qui devient dangereusement une ville-musée.

La fermeture des voies sur berge, les restrictions de circulation, l’interdiction pure et simple de la voiture, sont des remèdes archaïques et idéologiques.

Surtout quand on sait que la pollution a pour principale cause la densification que Paris entretient ! Paradoxalement, la France est le pays le moins dense d’Europe, mais ses villes sont les plus saturées. Paris est deux fois plus dense que Londres !

Pour les habitants de la métropole, la voiture reste aujourd’hui incontournable, en complément des transports en commun. Comment faire autrement ?

Le temps viendra où la voiture telle que nous la connaissons sera remplacée par d’autres technologies. Mais ce n’est pas pour demain. En attendant, il faut bien vivre, travailler et circuler quand on est en Ile-de-France.

Au moment où la capitale s’enferme, nous, les Yvelines et les Hauts-de-Seine, nous nous ouvrons ! Ce que nous voulons, c’est refonder un nouvel art de vivre aux portes de Paris.

Sur nos deux territoires qui représentent 3 millions d’habitants, nous défendons une tout autre conception de la ville.

On peut penser l’aménagement urbain de manière globale et équilibrée entre les déplacements et l’environnement.

On peut faire coexister une circulation automobile canalisée, un cadre de vie agréable et un patrimoine ouvert aux habitants.

C’est ce que nous sommes sur le point d’achever dans les Hauts-de-Seine avec le grand projet « Vallée Rive Gauche », la plus grosse opération d’aménagement réalisée en bords de Seine.

Du pont de Sèvres jusqu’aux portes de Paris, nous améliorons les conditions de circulation sur la RD7 qui longe la Seine, tout en aménageant les voies sur berges pour les promeneurs et les cyclistes.

Dans ces espaces partagés, tous les usagers pourront trouver leur bonheur. C’est là la clé d’un territoire attractif, soucieux du cadre de vie de ses habitants !

Cette alliance Yvelines/Hauts-de-Seine doit aussi préfigurer un nouveau modèle territorial : celui du mariage entre l’urbain et le rural.

Ce modèle est à l’opposé de la ségrégation urbaine, longtemps encensée au XXème siècle, avec la pensée fonctionnaliste de Le Corbusier et la fameuse Charte d’Athènes. Cette pensée, on en mesure aujourd’hui les ravages, notamment dans les quartiers sensibles.

Quand on cloisonne les fonctions urbaines (l’habitat, le travail, la culture, les espaces verts), on enferme les habitants dans des villes dortoirs.

Notre philosophie avec Pierre Bédier, c’est de créer un territoire d’avenir, attractif, ouvert socialement et culturellement.

Pour cela, il faut additionner plusieurs réussites :

  • une réussite économique, éducative, culturelle,
  • une « mixité sociale heureuse »,
  • un attrait urbanistique et environnemental.
  • Il faut aussi faciliter l’accès au logement, à l’emploi, aux transports.

Je crois aussi à un élément fondamental : la rencontre entre la culture et l’économie.

L’économie pour l’économie, isolée, ascétique, c’est utile mais c’est ingrat. De même que la culture, coupée des réalités économiques et de l’attractivité, est vouée à dépérir. La culture donne sa vie et sa noblesse à l’économie.

L’année 2017 sera pour nous l’année des réalisations, avec notamment, l’ouverture de La Seine musicale.

Au printemps, la pointe aval de l’Ile Seguin sera enfin rendue aux habitants, avec un équipement musical d’envergure internationale pour les concerts classiques, les spectacles grand public, mais aussi l’enseignement musical.

Ce nouvel équipement que les Hauts-de-Seine ont imaginé, viendra s’ajouter aux grands sites culturels du territoire, comme :

Le Musée départemental Albert-Kahn à Boulogne, dont la rénovation prendra fin en 2018,

Le Domaine départemental de Sceaux, dont les parterres de broderies de Le Nôtre et l’Orangerie, ont été réhabilités selon les règles de l’art,

La Vallée-aux-Loups et la Maison de Chateaubriand à Châtenay-Malabry,

Et dans quelques années, la Caserne Sully de St Cloud, dont nous avons signé l’acquisition avec le Préfet, en novembre. Ce bâtiment Charles X, qui était à l’abandon depuis que la Direction générale de l’Armement avait quitté les lieux en 2008, accueillera nos plus remarquables Archives départementales, et sera tourné vers le grand public.

Je pense aussi, Cher Jacky Lorenzetti, au grand projet porté par le Racing 92 : La « U ARENA », qui sera l’une des plus grandes salles européennes pour les événements sportifs et les concerts, au pied de la Grande Arche de La Défense. Dans ce projet, le Conseil départemental des Hauts-de-Seine a acquis l’immeuble de bureaux attenant au stade pour y regrouper une grande partie de ses agents, aujourd’hui répartis sur plusieurs sites à Nanterre.

Au fond, ce patrimoine remarquable dont nous sommes si fiers, n’a que peu de valeur s’il ne se mélange pas au public le plus large possible.

Cela signifie que l’on doit, nous les élus, aller chercher les publics les plus éloignés de la culture. C’est un acte social, un acte militant, un acte éducatif.

La culture accompagne les sociétés humaines pour les tirer vers le haut.

Elle apporte de quoi nourrir son jugement. Elle apprend à penser par soi-même, et donc à être libre.

Avoir accès à la culture tout près de chez soi, c’est aussi une manière de s’attacher à un territoire, une façon d’y être heureux.

Si aujourd’hui nous pouvons miser sur l’investissement, si nous sommes capables de répondre aux défis qui nous attendent, c’est grâce à une situation financière saine, et un large effort dans nos dépenses de fonctionnement.

Par une manœuvre très habile, le Gouvernement a fait avaler un gros mensonge à la croyance populaire : que la dette publique était due à un excès des collectivités locales. Pourtant, les chiffres disent tout le contraire ! Les collectivités ne portent que 9 % de la dette nationale. Tout le reste est à chercher du côté de l’Etat central…

Je rappelle que les collectivités sont le 1er investisseur public en France. Elles réalisent près de 70 % de l’investissement public civil. Et ce, malgré des contraintes qui sont, d’année en année, toujours plus fortes pour l’ensemble des collectivités locales.

En 2017, un nouvel horizon s’annonce aussi pour la gouvernance de La Défense, qui sera enfin confiée aux collectivités, après 50 années de gestion par l’Etat.

C’est une très bonne nouvelle pour la place économique parisienne, et les Hauts-de-Seine prendront leurs responsabilités dans ce développement.

L’ambition que nous voulons pour La Défense, doit être à la mesure des enjeux économiques qu’il s’agit de relever aujourd’hui en France.

D’autant qu’en 2016, avec le Brexit, le Royaume-Uni a choisi de consommer la rupture avec l’Europe. Alors pour nous maintenant, c’est le moment d’accélérer !

Il faut encourager les entreprises financières à s’installer à la Défense. Ce qui est sûr, c’est qu’elles ne le feront pas pour la beauté de notre patrimoine classé… Il faut un droit du travail moins rigide, une fiscalité modérée pour les entreprises et les impatriés, et aussi une qualité de vie qui puisse faire la différence.

En 2017, vous l’aurez compris, il faudra redonner de l’espoir à nos concitoyens, au terme d’un quinquennat présidentiel qui aura oscillé entre vaudeville, tragédie et absence…

Et pour de nombreux Français - nous le voyons en tant qu’acteurs principaux de l’action sociale - le quotidien reste très difficile. Nous vivons dans une société contrastée où les progrès techniques et technologiques n’ont pas réduit les souffrances économiques et sociales. En 2017, le soutien des Hauts-de-Seine envers les plus fragiles représente 870 M€. C’est 4,5 M€ de plus qu’en 2016.

Ces souffrances vécues et ressenties par nos concitoyens peuvent conduire à la tentation populiste.

Le populisme est favorisé par la perte de proximité. La proximité endigue le populisme, l’éloignement le provoque.

La tentation populiste est aussi stimulée par la pauvreté des débats médiatiques, qui nous incitent à des choix binaires : Pour ou contre ? Avec ou sans ? Bon ou mauvais ? Tout ou rien ?

Ce n’est pas un hasard si les formations extrémistes ont très peu d’élus locaux et trouvent leur succès avec le scrutin proportionnel, qui dépersonnalise les candidats : on vote pour ou contre une idée, et pas pour la personne qui l’incarne.

Lorsqu’il y a proximité, lorsqu’il y a un échange direct avec la population, le populisme s’évapore.

La démocratie d’ailleurs, ne peut survivre sans un minimum de proximité. Rousseau le rappelait.

Cette proximité est détenue par les élus départementaux, par les élus municipaux, qui ne sont pas des élus « hors-sol ». Ils connaissent le terrain, ils connaissent les problèmes auxquels les habitants font face. Ils sont dans l’ensemble, connus et appréciés des électeurs.

Alors qu’on laisse les collectivités libres de décider de leur avenir !

Laissons-les appliquer les politiques qu’elles jugent utiles pour leurs territoires, pourquoi pas en fusionnant deux à deux.

Permettre des politiques différentes, c’est le principe même de la démocratie ! Chacun devant être jugé, au final, sur ses résultats.

Avant de te laisser la parole, Cher Pierre, je voudrais saluer les sportifs des Hauts-de-Seine et des Yvelines, qui nous font l’honneur d’être présents parmi nous :

- les sélectionnés et médaillés des clubs des Hauts-de-Seine aux Jeux Olympiques et Paralympiques de 2016 : Yannick BOREL, Gauthier GRUMIER, Daniel Jérent, Jean-Paul TONY-HELISSEY, Cyrille MARET, Robert CITERNE, Louis RADIUS, Stéphane TARDIEU, Ysaora THIBUS, Hassan AMZILE, Axel AUGIS, Sébastien MARTINY et Rodrigue MASSIANGA ;

- Jean Donnadieu, Président d’un club formidable de basket : Nanterre 92, avec lequel nous avons engagé un partenariat pérenne en 2016 ;

- L’équipe de football féminine du PSG ;

- Et bien sûr, sur nos terres d’ovalie ciel et bleu, le Racing 92, champion de France 2016 ! Jacky Lorenzetti, son Président, ses entraîneurs, Laurent Travers, Laurent Labit (LABITe), Ronan (RONANe) O’Gara et les joueurs qui sont venus ce soir : Dan Carter, Dimitri Szarzewski, Camille Chat (CHA), Wenceslas (Vèncheslas) Lauret, Thibault Dubarry.

Médaillés ou non, victorieux ou pas, je veux simplement vous dire que vous nous rendez fiers de ce territoire. Et de la même manière que nous sommes près de vous dans les grandes victoires, nous sommes près de vous aussi, dans les défaites. C’est ça, l’esprit du sport !

Et pour fêter en musique cette année 2017, nous aurons le plaisir d’entendre tout à l’heure les enfants de la Maîtrise des Hauts-de-Seine, accompagnés de collégiens des Yvelines.

Heureuse année à tous !

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