Les collectivités locales : seulement 8,9 % de la dette publique !

 

Quand on parle de la dette publique, on stigmatise volontiers les collectivités locales et leurs « dépenses somptuaires », le « mille-feuilles territorial », leur irresponsabilité, leurs élus clientélistes, pour les accuser d’être les principales responsables de notre endettement. Il n’en est rien !

Certes les collectivités locales représentent 20 % de la dépense publique mais elles  ne sont responsables que de 8,9 % de la dette publique, (la Sécurité sociale de 11 %), alors que l’Etat l’est pour 80 %.

A la fin du troisième trimestre 2013, la dette publique s’établit à 1900,8 milliards d’euros, soit 92,7 % du PIB

Etat :                                                                        1 509, 8 milliards €, soit 79,4 %

Organismes divers d’administration centrale :                8,6  milliards €, soit 0,4 %

Administrations publiques locales :                       169,8 milliards €, soit 8,9 %

Administrations de Sécurité sociale :                     212,6 milliards €, soit 11,2 %

Source : Comptes nationaux base 2005 - Insee, DGFiP, Banque de France

Cela n’a rien d’étonnant en réalité car les collectivités locales doivent voter leur budget en équilibre, et ne s’endettent que pour investir, car elles n'ont pas le droit de le faire pour leurs dépenses de fonctionnement.

Ce qui n’est pas le cas de l’Etat dont le déficit annuel constant depuis la fin des années 1970, accroit automatiquement la dette publique chaque année ! et plus grave, l’Etat emprunte non pas seulement pour investir mais pour payer ses dépenses courantes (personnels et fonctionnement).

Il faudrait donc cesser d’accabler les collectivités locales de tous les maux et plutôt leur rendre hommage pour leur gestion rigoureuse dans leur ensemble, même s’il existe bien sûr des cas particuliers.

Les collectivités locales françaises viennent d’ailleurs d’être placées en 3ème position en Europe pour la faiblesse de leur endettement par l’agence Standard and Poors, qui attribue la note AA (« émetteur de haute qualité ») à 68 % des collectivités locales françaises. Leur encours de dette est loin derrière l’Allemagne et l’Espagne. Leur cadre institutionnel est bien noté (2 sur une échelle décroissante de 1 à 6).

Leur possible fragilité vient de ce que, si leur fiscalité rend leurs recettes peu sensibles à la crise économique, les transferts de l’Etat représentent environ 45 % de leurs recettes. Jusqu’ici ces dotations de l’Etat aux collectivités locales ont été relativement épargnées par les plans de rigueur. Ce n’est plus le cas aujourd’hui avec les annonces de « cure d’austérité » par le gouvernement qui prévoit 10 milliards d’euros en moins d’ici 2017.

La réduction des dotations aux collectivités constitue paradoxalement la principale réduction des dépenses de l'Etat ! les collectivités locales sont devenues le bouc émissaire de l'Etat.

Ajouter un commentaire