Métropole de Paris : Improvisation irresponsable

M. Le Guen n’a pu être tête de liste de la gauche aux élections municipales de Paris. M. Bartolone n’a pu résoudre les problèmes économiques et sociaux accumulés par la gestion désastreuse de la Seine-Saint-Denis. Ils se sont mis d’accord tous les deux pour imposer à une gauche nationale en désarroi un projet politique complètement improvisé sur le plan technique et qui ne peut aboutir qu’à un blocage total : la métropole du Grand Paris.

Il s’agit d’un projet de recentralisation de la petite couronne au bénéfice de Paris que l’Etat contrôlerait de près.

Ce projet veut concentrer entre les main d’une bureaucratie parisienne toutes les questions d’urbanisme et de logement social, actuellement gérés par des maires de toutes tendances politiques.

Interviewé par Metronews le 3 novembre 2013, M. Le Guen, qui se voit déjà président de cette Métropole, déclare qu’après les débats en première lecture « Nous avons pris acte du fait que certaines compétences relevaient des intercommunalités et qu’elles n’avaient pas vocation à revenir à la commune ni à remonter au niveau de la Métropole. Nous cherchons une solution juridique qui permettra de maintenir le statut de ces territoires. »

Le Parlement examine en deuxième lecture le projet et la majorité socialiste cherche une solution juridique !

Ce que M. Le Guen qualifie lui-même de « révolution » n’a été adopté que par les seuls députés socialistes après un rejet du projet gouvernemental par le Sénat, et par un simple amendement tenu secret jusqu’au dernier moment et sans la moindre concertation, sans aucune étude d’impact au plan juridique, fiscal, financier, budgétaire !

L’amendement prévoit la suppression pure et simple de toutes les intercommunalités de la petite couronne qui ont, pendant de nombreuses années, agrégé laborieusement mais utilement leurs compétences. Leurs patrimoines, financés par les communes, sont confisqués sans indemnité et sans discussion par la Métropole.

Dans ce même interview, M. Le Guen ajoute que la question de la suppression des départements sera abordée lors du débat à l’Assemblée nationale ! En deuxième lecture ? Par amendement également ?

Accessoirement la ministre de la Décentralisation, Mme Lebranchu, déclarait à ce sujet à l’Assemblée nationale le 5 novembre 2013 : «Toute collectivité concernée qui souhaite soumettre à la consultation de la population une fusion peut le faire. Si j’ai bien compris, vous nous demandez de l’imposer. Or la loi nous oblige aujourd’hui à une consultation des populations concernées. Le Gouvernement ne reculera pas par rapport à ce qui a été voté sur tous les bancs du Sénat et de l’Assemblée nationale. »

L’observation vaut non seulement pour les départements mais aussi pour la Métropole de Paris qui prévoit d’absorber les intercommunalités.

Comme on peut le voir, les contradictions, les improvisations et l’irréflexion sont au rendez-vous. Y a-t-il un pilote dans l’avion ?

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