"Patrick Devedjian se réconcilie avec Nicolas Sarkozy", FR3 Paris IDF, 18 octobre 2014

Patrick Devedjian était l'invité de "Samedi Politique" sur France 3 Paris.

Il a indiqué qu'il soutiendra Nicolas Sarkozy lors du vote pour l'élection du Président de l'UMP pour permettre la reconstruction du mouvement. Il a également annoncé sa candidature à sa succession à la tête des Hauts-de-Seine. 

Ce n'est pas une surprise politique. Mais d'un point de vue personnel, c'est plus étonnant. Proches au début de leurs carrières politiques, ils étaient en froid depuis l'épisode de l’arrivé manquée de Jean Sarkozy à la tête de l’Epad. Depuis 2009, Patrick Devedjian ne manquait pas une occasion de tirer à boulet rouge sur le candidat qu'il soutient aujourd'hui. Alors girouette Monsieur Devedjian ? Que lui a promis Nicolas Sarkozy quand ils ont déjeuné ensemble il y a une semaine ?  "Rien. Vous avez rappelé mon âge (70 ans ndlr), j'ai passé le temps des ambitions. Il y avait un côté retrouvailles de gens qui sont amis depuis 40 ans", commente l'un des nouveaux réconciliés.

"Sur le plan de l'affectif, nous avons eu des hauts et des bas avec Nicolas Sarkozy. Je lui ai toujours parlé librement, y compris quand il était président. Ça n'a pas aidé à faciliter nos rapports mais je lui ai toujours reconnu du talent et de l'énergie", poursuit-il.

Course d'obstacle

Patrick Devedjian n'a assisté à aucun des meetings de campagne de Nicolas Sarkozy. Il sera à celui de Puteaux fin novembre. Estime-t-il que Nicolas Sarkozy a raté son retour comme le juge la majorité des observateurs ? "On va voir, c'est le résultat qui le dira. S'il fait plus de 70%, ce sera un succès", pronostique le député des Hauts-de-Seine.

"Là on est dans la cuisine politique. Comment doit s'organiser l'UMP ? S'imaginer que l'élection présidentielle est demain est une erreur stratégique", commente-t-il, évoquant les critères d'une condition pour une éventuelle candidature de Nicolas Sarkozy à la primaire : "C'est une course d'obstacle. Il faut d'abord qu'il ait un bon résultat pour gagner la présidence de l'UMP. Il faut ensuite qu'il transforme l'UMP et qu'il en fasse un élément dynamique de l'opposition", déclare Patrick Devedjian.

Une primaire dans laquelle les sondages place Alain Juppé devant. "J'en suis satisfait. Nous avons intérêt à avoir plusieurs talents en lice pour remporter la timbale le moment venu", avance-t-il prudemment. Interrogé sur le caractère clivant de Nicolas Sarkozy, il concède "que dans la campagne présidentielle, il faudra qu'un certain nombre de changement se fasse".

Candidat aux départementales

Patrick Devedjian a annoncé qu'il sera candidat à sa succession au conseil général des Hauts-de-Seine en mars prochain.Ce n'est pas une surprise mais maintenant c'est officiel. "Je serai candidat pour défendre le bilan du département et pour expliquer à quoi sert un département." Alors que Manuel Valls a annoncé la suppression des départements de la petite couronne dont le 92 à l'horizon 2020. "Les élections départementales vont être l'occasion pour le corps électoral de marquer son attachement à quelque chose qui fonctionne", promet celui qui sera peut-être le dernier président de l'Histoire du conseil général des Hauts-de-Seine.

Bref, dans un département où la droite ne risque pas grand chose, il fa faire campagne contre la réforme territoriale et la suppression des conseils généraux de la petite couronne au profit de la métropole du Grand Paris à l'horizon 2020 comme l'a envisagé Manuel Valls lundi dernier. A cette occasion, le premier ministre avait ironisé sur les opposants au projet du Grand Paris. "Les seuls ayatollahs qui restent sont ceux qui n'ont pas le sens de l'intérêt général", déclarait-il. Une allusion à Patrick Devedjian qui avait employé cette expression pour tacler les partisans d'une métropole très unifiée dont il se méfie. "Manuel Valls et le gouvernement changent de position tous les 3 mois et même moins sur la question des départements. Et ils le font toujours avec beaucoup d'autorité et de détermination, c'est cela parler en ayatollah", répond-il.

reste qu'il sera peut-être le dernier président de l'histoire du conseil général des Hauts-de-Seine. "Je n'en sais rien. Je ne considère pas qu'on aura disparu dans cinq ans. Avant 2020 dont parle Manuel Valls, il y a 2017. Et où il sera Manuel Valls en 2020 ?", persifle Patrick Devedjian.

Patrick Devedjian s'est aussi exprimé sur la modulation des allocations familiales envisagées par François Hollande. "C'est la poursuite d'une politique contre les familles. La politique familiale, c'est ce qui marche en France. Il y a un fort taux de natalité. Si dans 3 ou 5 ans, nous avons une chute de ce taux, ce sera difficile à rattraper."

(emission de Samedi Politique avec Patrick Devedjian à revoir en intégrale)

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