Prendre le taureau par les cornes et vite !

L’Europe et la France traversent la plus grave crise économique depuis la fin de la 2ème guerre mondiale. 

Nos pays, qui sont parmi les plus riches du monde, ne progressent plus assez pour assurer leurs dépenses publiques. Nous bénéficions d’un cadre de vie, d’un système de santé et de protection sociale qui sont parmi les plus élevés au monde, mais nous ne pouvons plus les payer avec nos seules ressources : nous sommes obligés de nous endetter chaque année un peu plus.{jcomments on}

En 1981 notre budget était équilibré, depuis il n’a cessé d’être en déficit et la dette s’est accumulée pour atteindre aujourd’hui 1 700 milliards d’euros, soit 85 % de notre richesse nationale. Et notre endettement continue de croître puisque le budget 2012 continue d’être en déficit.

Nous avons bénéficié de taux d’intérêt bas depuis plusieurs années, cependant le paiement des intérêts de la dette représente le premier budget de l’Etat, devant l’Education nationale. Si les taux d’intérêt augmentent, la situation va encore s’aggraver.

Alors, que faut-il faire ? Impérativement inverser la tendance, et le faire rapidement.

Dès cette année, je pense qu’il faut aller plus loin que le plan d’économies de 11 milliards proposés par le gouvernement, ces économies n’empêcheront pas le déficit d’accroitre notre dette de plus d’une centaine de milliards supplémentaires l’année prochaine.

Il ne faut pas seulement alourdir l’impôt, même s’il est normal de faire davantage participer les plus aisés. Il faut diminuer les dépenses publiques et le périmètre de l’Etat. Il faut supprimer des charges qui ne contribuent pas à la croissance, à l’investissement, à l’innovation.

C’est courageux, cela fera des mécontents, mais c’est le seul moyen d’alléger nos charges et de relancer notre économie.

En période électorale, quel candidat va avoir le courage de l’annoncer, de dire la vérité ? Les Français savent que la situation est grave, ils attendent des politiques qu’ils les emmènent sur le chemin du redressement, pas qu’ils les bercent d’illusions.

J’ai proposé des pistes, que nous étudions à l’Assemblée Nationale :

- relancer les privatisations dès que la Bourse se redressera tant soit peu, l’Etat n’a pas besoin de nombre de ses participations qui ne sont pas stratégiques ;

- supprimer les 125 niches fiscales révélées comme totalement inefficaces dans le dernier rapport de l’Inspection des Finances (soit 15 milliards),

- supprimer des administrations comme nombre de sous-préfectures, des services de l’Etat qui doublonnent avec ceux des collectivités territoriales,

- supprimer les exonérations de charges pour les 35 h, les RTT et les heures supplémentaires…

Au-delà, chacun d’entre nous doit accepter de voir diminuer le nombre de fonctionnaires quand ils ne sont pas indispensables au fonctionnement de la sécurité intérieure et extérieure, de la justice, ou à l’avenir comme l’éducation et la recherche.

Nous avons fait un gros effort d’analyse ces dernières années avec la Révision générale des politiques publiques (RGPP) : il faut maintenant l’utiliser pour réduire le train de vie de l’Etat, les organismes superfétatoires, le nombre de collectivités territoriales et la répartition stricte de leurs compétences.

Le dire, c’est déjà heurter les esprits. Le faire sera une lutte de tous les instants contre les lobbys et la démagogie. Les Français peuvent l’accepter s’ils se sentent conduits vers la réussite et si les efforts sont réellement et équitablement partagés par tous.

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