A propos du déficit de nos finances publiques

La situation de nos finances publiques reste très préoccupante. L'endettement important de notre pays nous met à la merci d'une hausse probable des taux d'intérêt qui augmenterait fortement la part de la charge de la dette dans le budget de la France. La part des dépenses publiques dans l'économie (57 % du PIB) est excessive par rapport à celle de tous les pays développés comparables et plombe l'investissement, le dynamisme et l'emploi de nos entreprises. Faire face au déficit par de nouvelles augmentations d'impôts sans baisser fortement la dépense publique est suicidaire. Il faut que la nouvelle gouvernance de la France s'en saisisse dès mai prochain.

Pour compléter mon Bloc Notes de L'Opinion, voici l'audition de Didier Migaud, Président de la Cour des Comptes, par l'Assemblée nationale, le mercredi 8 avril 2017 pour le dépôt du Rapport annuel de la Cour des Comptes.

En résumé

Entre 2012 et 2016 plus de 40 % de la réduction du déficit public est attribuable à la baisse de la charge des intérêts, et non à la baisse des dépenses.

La masse salariale de l'Etat augmentera autant en 2017 que sur le total des 6 années 2011 à 2016.

La dépense publique en France était en 2015 de 10,7 points de PIB supérieure à la dépense moyenne au sein de la zone euro (contre 7,5 points en 2010).

Le Rapport public annuel de la Cour des Comptes critique à la fois la faible réduction du déficit en 2016 (0,2 points de PIB) et un objectif inatteignable en 2017 :

1) l'objectif 2016 (0,2 points de PIB, de 3,5 % à 3,3 % du PIB) était déjà modeste : il est plus faible qu'en 2015 (0,5 points de PIB). La France est aujourd'hui un des derniers pays de la zone euro avec l'Espagne, le Portugal et la Grèce à faire l'objet d'une procédure pour déficit excessif. De plus, ce modeste objectif n'est atteint que grâce à la baisse des taux d'intérêt : la charge de la dette a diminué de 700 millions d'€ malgré l'augmentation de la dette. La Cour des comptes fait remarquer qu'entre 2012 et 2016, plus de 40  % de la réduction du déficit public  a été liée à la baisse de la charge d'intérêts. Que se passera-t-il quand les taux d'intérêt remonteront ?

2) L'objectif 2017, plus ambitieux,  (-0,6 points de PIB), repose sur des hypothèses complaisantes en recettes comme en dépenses. Les recettes reposent notamment sur une croissance supérieure de 0,2 à 0,4 points au consensus des économistes, sur une hypothèse élevée de croissance de la masse salariale, et sur une prévision optimiste de l'encaissement de certains impôts. Les dépenses de l'Etat comme celles de l'assurance maladie et celles des collectivités locales sont en forte croissance, et ces dépenses risquent encore d'être dépassées (notamment celles de l'UNEDIC, de l'assurance maladie). Sans oublier la probable remontée des taux d'intérêts.

Qui parlait d'un "Etat en situation de faillite sur le plan financier" dès 2007 ?

Ajouter un commentaire