Réformes utiles à droite, démagogie à gauche

A force de refuser de faire le bilan ou l’inventaire de notre action de 2002 à 2012, nous laissons la gauche le dénigrer pour nous.

C’est ainsi que le dernier conformisme consiste à dire qu’en 10 ans, la droite n’a rien fait. A plusieurs reprises, un brillant éditorialiste de France-Inter ne se prive pas de le souligner, encore le 19 décembre  : « Que s’est il passé pendant ces dix ans ? Qui peut citer une grande réforme fondatrice dans le domaine économique et social ou sur les questions de société ? Les problèmes de chômage, de déficit, de compétitivité, d’insécurité n’ont pas été résolus, ceux de l’intégration, du logement, de l’éducation... non plus ! Certes, Chirac nous a évité une guerre en Irak. Certes Sarkozy a su nous faire passer à travers la crise financière de 2008 sans que le système ne s’écroule. Ce sont deux évitements salutaires mais ce ne sont pas des réformes.”

Déjà, ce n’est pas rien d’avoir su prendre le leadership européen dans la politique de réaction à la crise financière de 2008 et d’avoir évité la faillite bancaire, mais passons.

Sous bénéfice d’inventaire, car j’en ai sûrement oublié :

La droite a engagé des réformes structurelles et positives pour l’économie :

  • Le crédit impôt-recherche
  • Les pôles de compétitivité
  • OSEO et le FSI
  • Le statut d’auto-entrepreneur

qui n’ont pas été remises en cause par la présidence Hollande, lequel veut faire croire que c’est lui qui l’a fait ou que cela a toujours existé.

Nous avons aussi à notre actif pour l’enseignement supérieur :

  • L’autonomie des universités
  • et la loi « LMD » (licence, mastère, doctorat) qui permet à nos étudiants de rejoindre le cursus européen.

Dans le domaine des institutions et des libertés, c’est la droite qui fait voter :

  • la Question Prioritaire de constitutionnalité (QPC),
  • le recours direct au Conseil supérieur de la magistrature, c’est-à-dire le droit pour le citoyen de saisir le CSM pour les dysfonctionnements de la justice,
  • l'engagement de la réforme de la carte judiciaire,
  • l’acceptation par le Parlement après auditions des postes les plus élevés de l’Etat, nommés par le Président de la République,
  • la présidence des Commissions des Finances du Parlement tenues par l’opposition,
  • Le partage de l’ordre du jour parlementaire,
  • Un véritable acte II de la décentralisation qui a donné plus de compétences aux départements et aux régions, après une vraie concertation.

Dans le domaine social, c’est la droite qui a fait voter, contre la gauche,

  • Les trois premières réformes des retraites, (et aujourd’hui la gauche, qui s’est battue contre, nous dit que nous ne sommes pas allés assez vite et assez loin !)
  • le cumul emploi-retraite, qui permet à tous les retraités modestes d’augmenter leurs revenus,
  • le RSA.

Pour l'aménagement du territoire :

  • La rénovation urbaine (le plan Borloo)
  • Le lancement consensuel du "Grand Paris des Transports"

Et qu’a fait la gauche ?

Les grandes réformes socialistes ce sont les nationalisations, la retraite à 60 ans, les 35 heures, qui ont plombé notre économie pour longtemps ! ou le « mariage pour tous » qui ne concerne que peu de monde mais il est vrai nous aurions dû faire l’ « union civile ». Mais en matière de bilan, si c’est cela qu’on nous reproche…

Bien entendu,  nous avons eu des échecs, il n’est pas d’action politique qui n’en connaisse. Nous aurions dû abolir les 35 heures dès 2007, aller plus loin dans la réforme des retraites, et privatiser davantage, tout cela pour rattraper les erreurs de la gauche. Nous avons échoué sur la réforme fiscale qui reste  faire.

 

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