Retour d'Arménie : une coopération efficace et prometteuse

Notre délégation (Isabelle Caullery, vice-présidente en charge de la coopération, Georges Siffredi, 1er vice-président, Pierre Ouzoulias, conseiller départemental FG, et moi-même) vient de rentrer du Tavouch en Arménie, où les Hauts-de-Seine poursuivent depuis 2008 une coopération décentralisée qui a atteint en 8 ans 4,2 millions d'euros.

Ce soutien a une région très pauvre d'un pays pauvre et enclavé, concentrée sur le développement agricole, se révèle extrêmement utile : le Tavouch prend son essor et va atteindre son autonomie, grâce à ses propres atouts.

Nos efforts se sont concentrés sur la sécurité alimentaire et l'agriculture familiale : pourquoi ? Parce que l'agriculture familiale constitue la meilleure réponse à la malnutrition. L'objectif est de developper les filières locales, de la production jusqu'à la commercialisation.

Nous ne pourrions le faire sans l'aide du Fonds Arménien de France, qui s'appuie sur une équipe locale dédiée, la Fondation Himnatavush.

Aujourd'hui, cette coopération avance vraiment bien : la dépopulation est stoppée, le développement agro-pastoral est un sucès, la culture laitière se diffuse, toute la production est vendue, le seul problème aujourd'hui est d'augmenter la production.

Pourquoi la région du Tavouch ? Parce que c'est l'un des plus pauvres du pays, isolée à la frontière de la Géorgie et de l'Azerbaïdjan. Son altitude, son climat et la présence d'alpages, sont autant d'atouts pour la production maraîchère agricole et laitière. L'enjeu que nous nous sommes fixé, c'est de relancer la production agricole et laitière, et de limiter l'exode rural, notamment des jeunes. C'est de créer ici les conditions d'un développement économique durable et surtout autonome.

Pour cela il faut intervenir à la fois sur l'essor agricole, sur la filière laitière, sur la formation professionnelle des paysans bénéficiaires. Après sept années de soutien les résultats sont positifs :

la production agricole (maïs, blé, vigne, maraîchage...) se développe grâce aux canaux d'irrigation (25 km ont été réhabilités ou construits) mais aussi grâce à la fourniture de plants, de semences et de matériel performant dans les villages, qui permettent à la fois de diversifier les procductions , d'augmenter les revenus des agriculteurs en complément de la production laitière, et de fournir des compléments alimentaires aux bovins.

- le cheptel bovin se renouvelle : la race caucasienne étant peu productive, les vaches de race Simmenthal et Jersiaise, sélectionnées pour la qualité de leur lait, ont été importées d'Europe. Elles produisent aujourd'hui entre 700 et 900 litres par jour.

- une filière de produits laitiers, de qualité et rentable pour les éleveurs, est installée.

La ferme de Lussadzor, construite en 2012, a vocation à devenir un pôle de référence pour la région, elle peut accueillir environ 200 bovins.

7 micro-fermes accueillent les veaux issus de la ferme de référence. Ces fermes sont gérées par les villageois sous forme de coopérative.

Une fromagerie moderne a également été créée, avec des salles d'affinage et de stockage : environ 80 kg de fromages sont produits chaque jour. Le site bénéficie aussi un comptoir de ventes des produits du Tavouch. La ferme pourrait ainsi être intégrée à des circuits touristiques.

Enfin un centre de formation pour les agriculteurs et les éleveurs a été mis en place, pour favoriser la diffusion de pratiques d'élevage nouvelles.

Au total, 20 villages sont concernés par ce projet de développement.

Quels sont nos objectifs pour les années à venir ?

Il faut d'abord rentabiliser la filière laitière : élargir le nombre de bénéficiaires, augmenter les volumes par la collecte du lait des villageois, réduire les coûts de l'alimentation des bovins, avec des zones d'alpage en été, augmenter les débouchés des produits de la ferme en Arménie mais aussi à l'export (Russie ?)/

Il faut aussi renforcer l'accompagnement des agriculteurs pour viser, à terme, leur autonomie. Avec un plan de formation adapté qui permettra la gestion d'une structure coopérative et qui renforcera les compétences en matière d'élevage.

Vivre de son activité, sur ses terres, c'est ce cercle vertueux que nous voulons encourager au Tavouch. C'est par ce modèle qu'on peut mieux gérer les ressources naturelles, qu'on peut vaincre efficacement la pauvreté et la malnutrition, qu'on peut limiter l'exode rural et développer l'économie locale.

Vivre mieux, c'est être plus solide face à toutes les formes d'adversité. C'est tout à fait nécessaire lorsqu'on veut continuer à défendre sa liberté.

 

 

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