Soir du 2ème tour des Législatives au Conseil départemental, 18 juin 2017

(Déclaration de Patrick Devedjian : verbatim)

Ce 2ème tour n’est pas très réjouissant, mais il est sans surprise parce que cela découle de l’élection présidentielle. Nous avons perdu dans les circonstances que l’on connait. Le 1er tour annonçait le second même si, au plan national, il y a une légère correction. Je n’oublie pas que les augures prévoyaient 450 sièges pour la majorité gouvernementale, il y en aura un peu moins, mais les choses étaient largement annoncées et il n’y a pas de changement significatif au 2éme tour. »

[Dans les Hauts-de Seine], Je salue les survivants de ce tsunami, parfois épargnés par la vague, parfois habiles, à s’en être protégé, mais la vie démocratique continue ! Il nous fallait une victoire dans cet univers déprimé : on a repris Neuilly !  Se réjouir d'avoir sauvé Neuilly... c’est dire l’état du moral !

 Aujourd’hui, c’est le premier jour de la reconstruction ! A partir de demain, tout change pour nous, car on commence à reconstruire. Ce qu’il faut bien considérer, c’est qu’une part très significative de notre propre électorat et surtout de notre électorat traditionnel, nous a lâchés. Il ne s’agit pas de leur faire la morale, mais de nous demander pourquoi et de faire notre examen de conscience. Comme je l’ai dit la semaine dernière, la gauche et la droite ont, sans arrêt, et depuis très longtemps, déçu leur propre électorat, de façon différente, mais aussi profondément. Ni l’une ni l’autre n’a engagé les réformes significatives qui étaient attendues.  Cela ne m’étonne pas vraiment parce que j’ai toujours dénoncé le fait que, quelle que soient les alternances, la France était, à quelques variantes symboliques près, gouvernée avec la même politique. Que la gauche ou la droite soit au pouvoir, c’est la même administration qui prépare les dossiers, et qui "tient le manche". Et les élus sont les voyageurs de commerce des projets concoctés par la haute administration. Je l’ai vérifié moi-même en étant au gouvernement.

Notre peuple ne le supporte plus : et paradoxalement, il a élu un président de la République, inspecteur des finances, et un premier ministre, conseiller d’Etat, pour dire qu’il voulait une politique qui soit plus démocratique et qui ne soit plus décidée par l’administration ! Peut-être va-t-il se rendre compte que ce qu’il espérait être un changement par rapport aux longues frustrations qu’il a connues, ne va pas conduire au changement : quand on veut faire un régime végétarien, on ne va pas chez un boucher chevalin (…)

Demain, la reconstruction commence, certes d’abord par une crise politique à l’intérieur des formations de la droite, et de LR en particulier, sur la question «Pour quoi faire ?», «Que va-t-on faire dans l’opposition ?», «Quelle attitude allons-nous avoir ?». Je sais bien qu’il faut avoir une opposition intelligente. C’est plus facile à dire qu’à faire !

Reconstruisons notre projet politique sur des bases qui correspondent aux aspirations de notre peuple. On n’a rien réussi, ni à gauche, ni à droite, tant sur le chômage, la croissance, l’endettement, ou sur l’emprise de l’Etat et sur les questions de liberté. La loi va faire entrer l’état d’urgence dans le droit commun : on ne lutte pas contre le terrorisme avec des mesures d’exception, mais avec l’éducation du peuple.  Dans ce domaine sensible, un pays a su éduquer son peuple, Israël qui vit avec le terrorisme, mais en même temps, le traite de la manière la plus intelligente possible, avec une exigence considérable sur le plan des libertés et un système judiciaire qui est extrêmement incisif et volontaire.

Nous avons à inventer quelque chose qui corresponde aux aspirations profondes de notre peuple lesquelles ne sont pas nécessairement représentées par le programme de Macron. Je jugerai le gouvernement sur cela. Je salue la priorité accordée à la loi sur le code du travail, plus important que la loi sur la transparence de la vie politique, (la 15ème depuis 20 ans !). La réforme du code du travail peut changer beaucoup pour la croissance. Elle est attendue par le monde économique en France comme dans le monde entier. Cela s’annonce difficile. Le chef de l’Etat a pris tous les moyens pour franchir cette étape il n’aura donc pas d’excuses.

Les résultats nationaux

Les résultats des 13 circonscriptions des Hauts-de-Seine

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