Suppression des départements : "une usine à gaz", Le Parisien Hauts-de-Seine, 10 avril 2014

Conseil général 
Suppression des départements : « une usine à gaz » pour Devedjian 
F.H. 
« L'annonce est brutale et incohérente », jugeait hier Patrick Devedjian (UMP), président du conseil général des Hauts-de-Seine après l'annonce mardi par le Premier ministre, Manuel Valls, de la suppression des départements à l'horizon 2021. « Brutale parce qu'il n'y a aucune concertation, aucune étude d'impact, aucun chiffrage du bénéfice de cette suppression sur la dépense publique », déplore le patron des Hauts-de-Seine, qui interroge le gouvernement : « Qui remplira les compétences des conseils généraux ? Qui va mener la politique sociale ? » Rappelons que les départements ont notamment en charge la gestion du revenu de solidarité active (RSA) ou encore de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) pour les personnes âgées. « Incohérente, poursuit Patrick Devedjian, parce que cette annonce intervient alors même que le gouvernement a commencé à mettre en oeuvre le redécoupage des cantons. A quoi sert cette usine à gaz ? »

Les Hauts-de-Seine veulent se rapprocher des Yvelines
Usine à gaz, c'est en ces termes que le président du conseil général avait déjà critiqué ces derniers mois la mise en oeuvre de la métropole du Grand Paris. « Je suis plutôt favorable au principe d'une métropole, mais pas ce modèle bureaucratique et autoritaire », avait-il précisé.
Patrick Devedjian avait réitéré ses critiques publiquement, en janvier, à l'occasion de ses traditionnels voeux à l'hôtel du département. « Par un simple trait de plume, sans étude préalable, sans concertation, sans débat démocratique, le gouvernement, assisté d'une poignée d'élus, vient de réaliser un véritable hold-up institutionnel », avait lancé l'élu UMP. La volonté affichée du gouvernement de s'attaquer au millefeuille des collectivités lui attire cette remarque sévère à l'égard des Caisses d'allocations familiales (CAF) : « Sur la compétence sociale, les départements et les CAF, avec un
budget de 75 Mds €, font le même travail, et c'est un doublon qui ne pose aucun problème !
»
Pour autant, le président UMP des Hauts-de-Seine n'a pas attendu le discours de
Manuel Valls pour oeuvrer à un rapprochement avec le département voisin des Yvelines. Un récent déjeuner autour de ce sujet avec Alain Schmitz (UMP), alors président du conseil général des Yvelines (celui-ci a annoncé sa démission le 1er avril), et son prédécesseur Pierre Bédier l'atteste. Les présidents des deux départements avaient alors confié à la presse qu'ils réfléchissaient à ce rapprochement depuis un an.

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