Un mémorial pour se souvenir du génocide arménien 100 ans après

Le Parisien Hauts-de-Seine, dimanche 12 avril 2015 :

Le 25 avril 1915, les premiers intellectuels arméniens étaient arrêtés. Suivirent de long mois de persécutions, massacres, déportations. Plus d’un million d’Arméniens ont péri au cours de ce génocide, le premier de l’Histoire contemporaine.

Un siècle plus tard, de très nombreuses commémorations sont programmées dans les Hauts-de-Seine comme partout en France alors que la République turque refuse toujours de reconnaître l’existence même du génocide.

Samedi matin, dans le domaine départemental de Sceaux, un mémorial était inauguré en présence de Patrick Devedjian, président UMP du conseil départemental et fils d’exilé arménien. Un aigle au corps d’homme, sculpture de l’artiste Toros, qui symbolise « la force d’un peuple vivant », selon Wissam Nehmé, président du club franco-arménien d’Antony et conseiller municipal de la ville. « Ce monument est un acte de résistance, poursuit Patrick Devedjian, citant Aznavour qui chantait « je suis de ce peuple mort sans sépulture ».

« Aujourd’hui encore, les Chrétiens d’Orient sont persécutés », ajoute-t-il, rappelant ensuite dans son discours que le lieu de mémoire situé dans le désert syrien, la même où les déportés arméniens périrent, a été la cible de Daech. « Il n’y a rien de pire que l’effacement même de la mémoire », souligne le président du conseil départemental, qui accompagnera François Hollande à Erevan le 24 avril pour les cérémonies du centenaire.

Parmi la centaine de personnes venues samedi matin, de nombreux enfants et petits-enfants d’Arméniens exilés. « Un siècle ce n’est pas si loin, c’est l’histoire de nos grands-parents, explique Anahid, 49 ans, habitante d’Antony. Et nous aimerions aujourd’hui que les choses avancent. Que la Turquie reconnaisse enfin. Sans quoi le deuil est impossible ». Une attente partagée par tous, sans exception. « On demande souvent aux Arméniens de pardonner. Encore faut-il demander pardon, souligne Vicken Tchitétchian, ambassadeur d’Arménie en France. La mémoire n’est pas une maladie. C’est un devoir. »

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